L'optimisme doit se transformer en confiance afin de libérer ces «esprits animaux» évoqués par Keynes.

Le trimestre dernier, nous avons fait part de notre point de vue selon lequel la mise en place d’une nouvelle administration américaine pourrait conduire à une politique favorisant la croissance et avoir ainsi des conséquences importantes pour les investisseurs actions (Perspectives d’investissement sur les marchés actions du 1er trimestre 2017 : D’une croissance faible à une croissance volontariste). Depuis lors, si l’optimisme sur l’économie a en effet grimpé en flèche, nous pensons que cet optimisme doit se transformer en confiance afin de libérer ces «esprits animaux» évoqués par Keynes. Dans ces perspectives trimestrielles, nous examinons les mécanismes de transition, les vents contraires éventuels et les jalons susceptibles d’indiquer que cette transformation est en bonne voie.

Nous maintenons nos perspectives positives sur les actions, fondées sur la croissance des bénéfices. Les prévisions de croissance mondiale et les projections de bénéfices sont orientées à la hausse dans toutes les grandes régions pour la première fois depuis 2010. Les actions américaines ont atteint des niveaux historiques et les valorisations sont élevées dans de nombreuses régions du monde, reflétant l’optimisme des investisseurs et des chefs d’entreprise quant à la faculté des politiques pro-croissance à soutenir la croissance économique et la croissance des bénéfices.

L’optimisme doit désormais se transformer en confiance afin de favoriser le passage à l’acte, de générer de la croissance économique réelle et de soutenir l’enthousiasme des investisseurs. Nous pensons que la déréglementation et la réforme fiscale sont des composantes essentielles de cette transition. La réforme des réglementations est la plus facile à réaliser parce qu’elle peut être décidée en grande partie grâce des décrets présidentiels. La réforme fiscale risque d’être plus compliquée, mais nous pensons que c’est la clé pour relancer la confiance.

L’incertitude politique continue à faire peser un risque sur ce processus de transition. Aux États-Unis, nous pensons que l’échec de l’adoption de la réforme de la santé (en l’état actuel) a augmenté les doutes quant à la capacité de l’administration à mettre en œuvre les autres éléments de son programme pro-croissance. Si le risque politique reste élevé en Europe, il pourrait réellement s’atténuer compte tenu des résultats des élections récentes aux Pays-Bas et en France. En France, les sondages indiquent qu’Emmanuel Macron a de bonnes chances de l’emporter face à la candidate nationaliste Marine Le Pen lors du second tour de l’élection le 7 mai.

Afin d’évaluer si le retour de la confiance est effectif, nous allons surveiller certains indicateurs tels une augmentation de l’investissement des entreprises, et une croissance des bénéfices égale ou supérieure aux prévisions. Nous estimons qu’il est important de vérifier que les données fondamentales correspondent aux attentes, compte tenu en particulier des niveaux de valorisation élevées des actions d’aujourd’hui.

Nous maintenons la plupart de nos perspectives régionales et sectorielles du dernier trimestre, en raison de l’accélération de la croissance mondiale que nous anticipons. Nous restons optimistes sur les États-Unis, bien que nous soyons conscients que les difficultés à légiférer risquent de ralentir le rythme de mise en œuvre de la politique pro-croissance. Nous sommes plus optimistes sur l’Europe que nous l’étions au dernier trimestre, en raison des révisions à la hausse des bénéfices et de l’atténuation éventuelle du risque politique. Nous continuons de penser que le momentum économique soutiendra les actions des marchés émergents et nous restons optimistes quant aux données fondamentales des entreprises japonaises.

 

Télécharger l’intégralité de l’outlook actions 2Q2017 (pdf, 9 pages, en anglais)

 

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