Après plusieurs années marquées par une sous-performance des petites et moyennes capitalisations européennes, la classe d'actifs semble retrouver des couleurs. Le rebond observé depuis le début de l'année ne relève pas seulement d'un effet de marché : il s'appuie sur des fondamentaux qui se renforcent progressivement et sur plusieurs catalyseurs susceptibles de prolonger cette dynamique.

Par Nicolas Lasry, gérant actions et Edouard de Buchet, gérant actions

 

Une classe d’actifs longtemps pénalisée

Nicolas Lasry

Entre 2021 et 2025, les small et mid caps européennes ont souffert d’un environnement particulièrement défavorable. La remontée rapide des taux d’intérêt, le ralentissement du cycle industriel et une forte aversion au risque des investisseurs ont conduit à des sorties de capitaux importantes et à une compression durable des valorisations.

Pour autant, cette période de sous-performance n’a pas remis en cause les caractéristiques intrinsèques de cet univers d’investissement. Les petites et moyennes entreprises restent le cœur du tissu industriel européen et concentrent une grande partie de l’innovation dans des secteurs stratégiques tels que les semi-conducteurs, l’électrification, la santé, la défense ou encore les infrastructures.

Un environnement macroéconomique qui s’améliore progressivement

Edouard de Buchet

Si le contexte géopolitique demeure volatil, plusieurs indicateurs témoignent d’une amélioration progressive de l’environnement économique européen.

Les indicateurs avancés de l’industrie retrouvent des niveaux compatibles avec une phase d’expansion, tandis que les pressions inflationnistes montrent des signes d’accalmie. Parallèlement, les entreprises européennes ont démontré une capacité d’adaptation remarquable : maîtrise des coûts, répercussion de l’inflation dans les prix de vente et maintien de marges solides permettent aujourd’hui d’aborder le cycle avec davantage de sérénité.

Autre élément encourageant : les révisions de bénéfices sont redevenues positives dans plusieurs secteurs, notamment la technologie et l’énergie, traduisant une amélioration des perspectives bénéficiaires après plusieurs années de prudence.

Des valorisations toujours particulièrement attractives

Le paradoxe actuel réside dans le fait que cette amélioration des fondamentaux ne s’est pas encore pleinement reflétée dans les valorisations.

Historiquement, les petites et moyennes capitalisations européennes se négocient avec une prime par rapport aux grandes valeurs en raison de leur potentiel de croissance supérieur. Aujourd’hui, cette situation s’est inversée : elles affichent encore une décote significative alors même que les attentes de croissance bénéficiaire demeurent sensiblement plus élevées que celles des grandes capitalisations.

Cette combinaison d’une croissance attendue robuste et de multiples de valorisation historiquement faibles constitue l’un des principaux arguments en faveur de la classe d’actifs.

Plusieurs catalyseurs pourraient soutenir le mouvement

Au-delà des valorisations, plusieurs facteurs sont susceptibles d’alimenter la poursuite du rebond.

Le premier concerne la reprise industrielle européenne. Les plans d’investissement annoncés, notamment en Allemagne, devraient progressivement soutenir l’activité dans les infrastructures, l’ingénierie et les biens d’équipement, avec des effets d’entraînement sur l’ensemble du tissu économique européen.

Le deuxième catalyseur est lié à la souveraineté économique européenne. Les politiques publiques encouragent désormais le développement de filières stratégiques telles que la défense, l’énergie, les semi-conducteurs ou encore la production industrielle locale. Les petites et moyennes entreprises, souvent spécialisées sur des segments de niche, apparaissent comme des bénéficiaires naturels de cette dynamique.

Enfin, la faiblesse persistante des valorisations favorise les opérations de fusion-acquisition. Les fonds de private equity comme les industriels identifient aujourd’hui de nombreuses opportunités au sein de la cote européenne, ce qui constitue un soutien supplémentaire pour les valorisations des sociétés concernées.

Un univers où la sélection reste déterminante

Si les perspectives globales apparaissent plus favorables, toutes les petites et moyennes capitalisations ne bénéficieront pas de manière homogène de ce nouveau cycle.

Dans un environnement toujours marqué par des incertitudes géopolitiques et des politiques monétaires prudentes, la qualité des modèles économiques, la solidité des bilans et la capacité à générer durablement des flux de trésorerie restent des critères essentiels.

L’identification de catalyseurs propres à chaque entreprise — accélération de la croissance, amélioration des marges, évolution réglementaire favorable ou potentiel de consolidation sectorielle — constitue également un levier important de création de valeur dans cet univers particulièrement riche et diversifié.

Une fenêtre d’opportunité à surveiller

Les petites et moyennes capitalisations européennes pourraient ainsi entrer dans une nouvelle phase de leur cycle. Après plusieurs années de désaffection, elles combinent aujourd’hui plusieurs caractéristiques rarement réunies : des valorisations attractives, des perspectives bénéficiaires solides, un contexte macroéconomique en amélioration et plusieurs catalyseurs structurels susceptibles de soutenir leur revalorisation.

Si les incertitudes restent présentes, notamment sur le plan géopolitique, le rapport entre potentiel de croissance et niveau de valorisation apparaît aujourd’hui plus favorable qu’il ne l’a été depuis plusieurs années. Dans ce contexte, les small et mid caps européennes retrouvent progressivement leur place comme source de diversification et de création de valeur au sein des portefeuilles actions.

 

Achevé de rédiger le 09/07/2026


Ce document est destiné à des clients professionnels. Il ne peut être utilisé dans un but autre que celui pour lequel il a été conçu et ne peut pas être reproduit, diffusé ou communiqué à des tiers en tout ou partie sans l’autorisation préalable et écrite de Mandarine Gestion. Aucune information contenue dans ce document ne saurait être interprétée comme possédant une quelconque valeur contractuelle. Ce document est produit à titre purement indicatif. Il constitue une présentation conçue et réalisée par Mandarine Gestion à partir de sources qu’elle estime fiables. Mandarine Gestion se réserve la possibilité de modifier les informations présentées dans ce document à tout moment et sans préavis et notamment, en ce qui concerne la description des processus de gestion qui ne constitue en aucun cas un engagement de la part de Mandarine Gestion. Mandarine Gestion ne saurait être tenue responsable de toute décision prise ou non sur la base d’une information contenue dans ce document, ni de l’utilisation qui pourrait en être faite par un tiers.

Les OPCVM cités dans ce document sont autorisés à la commercialisation en France et éventuellement dans d’autres pays où la loi l’autorise. Les performances, classements, prix, notations et statistiques passés ne sont pas un indicateur fiable des performances, classements, prix, notations et statistiques futurs. Les performances ne sont pas constantes dans le temps et ne font l’objet d’aucune garantie. Les risques et les frais relatifs à l’investissement dans les OPCVM sont décrits dans les prospectus de ces derniers. Les prospectus et les documents périodiques sont disponibles sur simple demande auprès de Mandarine Gestion et consultables sur le site www.mandarine-gestion.com. Le prospectus doit être remis au souscripteur préalablement à la souscription et il convient de vérifier si l’investisseur est légalement autorisé à souscrire dans un OPCVM Les principaux risques de ces OPCVM sont les suivants : risque actions, risque de perte de capital, risque de gestion discrétionnaire, risque de change, risque de taux et risque de crédit. Les descriptifs et les détails de ces risques figurent dans le prospectus complet de l’OPCVM concerné.