La croissance médiane des revenus nets des petites et moyennes sociétés sélectionnées devrait dépasser 15% cette année, reflétant la solidité de l’environnement dans lequel elles opèrent.

Par Philip Best & Marc Saint John Webb, gérants du fonds Quaero Capital Funds (CH) – Swiss Small&Mid Cap

 

Mark Saint John Webb

Les grandes capitalisations ont regagné du terrain en septembre. L’indice SMI des «blue chips» a ainsi progressé de +1.4% pendant le mois, surperformant l’indice SPI Extra qui a perdu 2.4%.

L’environnent de marché actuel reste dominé par la surperformance du secteur pharmaceutique et par la persistance d’un sentiment négatif à l’égard des valeurs industrielles. Les indices européens «value» se sont toutefois légèrement repris au cours du mois dernier, soutenus en grande partie par la hausse des prix du pétrole et la remontée du secteur de l’énergie qui a suivi.

Dans leur critères de sélection, les gérants de notre stratégie en petites et moyennes valeurs suisses continuent à accorder une grande importance à la solidité du bilan, ce qui se traduit par une position médiane en liquidités importante dans les titres en portefeuille. Dans le contexte actuel de défiance vis-à-vis du secteur industriel, il est intéressant de relever que la croissance médiane des revenus nets des sociétés sélectionnées dans la stratégie devrait dépasser 15% cette année. Reste à savoir si une telle progression des bénéfices va effectivement se concrétiser dans les cours, mais cela reflète en tout cas la solidité de l’environnement dans lequel opèrent les titres du portefeuille.

Philip Best

Pendant le mois écoulé, la meilleure contribution à la performance de la stratégie est à mettre au compte du groupe microélectronique Exceet, dont le titre a grimpé de +6% en septembre et qui a enregistré une hausse de +53% depuis le début de l’année. Après la vente d’AEMtec pour EUR 86 millions en septembre, le groupe se limite désormais à deux lignes d’affaires : une activité secondaire en Allemagne et une société de circuits imprimés à haute valeur ajoutée basée à Lucerne (GS Swiss PCB). Si la première n’est plus jugée stratégique par le groupe, la seconde est aujourd’hui l’activité principale, avec un bon succès dans le secteur medtech et un développement dans le domaine de l’aéronautique. Avec le produit de la dernière vente, la société dispose désormais d’EUR 105 millions en liquidités au bilan, alors que le marché ne lui attribue qu’une valeur de EUR 135 millions au total. Alors que l’activité en Allemagne va sûrement être vendue à son tour, l’entreprise pourra ainsi utiliser son bilan solide pour poursuivre le développement de GS Swiss PCB à travers des acquisitions ciblées, même si le bon acheteur pourrait également tirer des synergies considérables en reprenant une société de ce calibre.

Le fabricant d’emballages en verre Vetropack a également connu une performance positive pendant le mois écoulé (+18% en septembre), le marché ayant réagi positivement aux bons résultats publiés. Le chiffre d’affaires a augmenté de façon organique de +5% au premier semestre, tandis que le revenu net a bondi de +22%, grâce à des ventes en augmentation et une pleine utilisation des capacités de production de ses usines, qui ont permis à la société d’améliorer les marges de sa gamme de produits. L’équipe de gestion continue à trouver de la valeur dans ce titre qui se traite à 17x les bénéfices de l’an passé, avec un bilan solide et des perspectives qui restent positives.

La banque privée EFG a également apporté une contribution positive à la performance du mois, grâce à un cours qui a progressé de 2% au mois de septembre. Les gérants de la stratégie ont augmenté progressivement leur exposition dans cette société au cours des derniers mois, alors que le titre continuait à baisser suite à la publication de ses résultats semestriels. A fin septembre, l’action avait ainsi reculé de 33% depuis son sommet de janvier. Pourtant, la première phase de l’intégration de BSI est en grande partie terminée et devrait générer des synergies importantes pour le groupe. L’annonce de plusieurs recrutements de cadres intermédiaires pendant le mois démontre une progression rapide vers l’étape suivante de la société. Malgré le prix favorable auquel BSI a été reprise et les synergies qui pourraient naître de cette transaction, le titre ne se traite qu’à 12.5x les bénéfices de l’an passé.

Plusieurs positions ont toutefois pesé sur la performance de la stratégie au mois de septembre. C’est notamment le cas de la holding industrielle Conzzeta, qui a perdu 12% sur la période. Pourtant, la société a enregistré une croissance organique du chiffre d’affaires de +20% au premier semestre, avec un bénéfice en hause de +66%, grâce à une bonne performance de toutes les divisions du groupe. Bystronic Metal continue à augmenter sa part de marché et la réussite de la restructuration de Mammut et de Bystronic Glass devient de plus en plus évident, avec, pour le premier, une hausse du chiffre d’affaires de 17% grâce à une base de coûts fortement réduite et, pour le second, la publication d’une croissance des revenus et d’une amélioration des marges. En septembre, la société a publié pour la première fois une stratégie détaillée visant à améliorer la profitabilité de ses activités dans les Spécialités Chimiques, qui constituent avec Bystronic Metal l’un des deux piliers essentiels du groupe. Cette division représente actuellement plus de 20% des ventes du groupe dont les marges sont sous pression. Le groupe reste dans une position forte pour mener à bien avec succès des améliorations de profitabilité, grâce à son bilan solide dont les liquidités représentent 20% de la capitalisation boursière. Avec un titre qui se traite à 21x les bénéfices très bas de l’an passé, la valorisation actuelle ne reflète pas du tout les changements positifs des activités sous-jacentes.

Le mois dernier, la société électronique Cicor a également pesé sur la performance d’ensemble de la stratégie, avec un cours qui a perdu 18% pendant la période. Le marché a sanctionné le titre malgré la mise en œuvre parfaite du transfert de la production de deux petites usines en Roumanie à une seule plus grande (une prouesse rare pour n’importe quelle entreprise), ainsi qu’un carnet de commande bien rempli soutenu par une demande toujours forte qui a permis à la société de confirmer pendant le mois ses prévisions d’un exercice très positif. De fait, le groupe a vu les commandes croître de +16% au premier semestre, avec une hausse du chiffre d’affaires de 9%, ainsi qu’une amélioration de la profitabilité, rendue possible par une optimisation des opérations et une meilleure exploitation des possibilités de synergies entre les différents unités d’affaires. La baisse des cours pendant le mois ne reflète ni la forte tendance à la hausse des affaires, ni les améliorations opérationnels au sein du groupe.

La société holding Viel a également reculé pendant le mois, avec une chute de 9% de ses actions, malgré de bons résultats semestriels qui ont vu sa principale participation, le courtier intermédiaire Tradition, afficher une croissance de +13% des revenus et du bénéfice. Par ailleurs, Tradition pourrait bien gagner encore des parts de marché, grâce aux difficultés qu’éprouve l’un de ses principaux concurrents à intégrer une acquisition.

Pendant la période, les gérants de la stratégie ont augmenté leur position dans le fabricant de machines agricoles Bucher Industries, le fournisseur d’équipement d’emballage Bobst, la banque privée EFG et le producteur de machines textiles Rieter. Par ailleurs, ils ont pris des bénéfices dans la banque en ligne Swissquote, après une performance de +90% depuis le début de l’année, et dans le spécialiste des composants électriques Huber + Suhner, dont le titre avait grimpé de +30% après la publication de bons résultats semestriels.

 

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