Meta et le brut font vaciller les marchés
Jeudi dernier, les marchés ont encaissé une journée de douleur maximale. Meta a relevé ses dépenses d’infrastructures d’IA, et le Nasdaq a lâché plus de 2%. Nvidia, AMD, IBM et Broadcom ont suivi la pente, et le coût de l’assurance contre le défaut de Meta a touché un record. Le marché s’inquiète du financement des acteurs et de la rentabilité de l’IA. Les bons du Trésor n’ont offert qu’un refuge passager: le rendement à 10 ans a flirté avec 5% sans le franchir.
Le pétrole a ajouté sa part d’inquiétude. Le Brent est monté à 111,92 USD jeudi, porté par les attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite et par les menaces américano-israéliennes sur l’Iran. Vendredi, Donald Trump a jugé possible une nouvelle opération militaire contre Téhéran, et le baril a touché son plus haut depuis cinq mois. Le gaz européen a retrouvé des niveaux de 2022.
La France a ouvert un autre front. Après un week-end de manifestations contre la vie chère, le CAC 40 a perdu 1,5% lundi et le rendement de l’OAT à 10 ans a franchi 5% mercredi, du jamais vu depuis 2002, avec 1,59 point d’écart sur le Bund. Moody’s a maintenu Aa3 dans la nuit de vendredi, avec une perspective négative: un sursis, pas une absolution. L’activité du secteur privé s’est contractée en octobre.
Côté données, la Chine a surpris avec un PIB à 4,5% et des ventes au détail à 1,1%. Au Royaume-Uni, l’inflation ressort à 3,5% et le chômage à 4,7%, de quoi nourrir l’idée d’une hausse de taux de la Banque d’Angleterre, alors que les ventes au détail reculent de 0,4%. Aux États-Unis, les mises en chantier (1,221 million) ont déçu. Les économistes interrogés par Reuters attendent une Fed immobile en octobre et une hausse en décembre.
Le portefeuille Europe a progressé de +0,87% sur la semaine, quand le STOXX Europe 600 reculait de -1,38%. Il le doit à UCB (+33,28%), London Stock Exchange (+8,46%) et SAP (+7,62%).
Le portefeuille USA a cédé -0,98% sur la semaine, un peu plus que le S&P 500 (-0,47%). Instacart (+13,27%), RingCentral (+10,54%) et Nasdaq (+9,14%) ont tiré leur épingle du jeu. Meta (-9,40%) a payé la facture de ses dépenses d’IA, et Alphabet (-5,83%) a suivi la tech. Meta a aussi retardé au 20 novembre de nouvelles conditions commerciales critiquées par éditeurs et annonceurs. SpaceX, à l’inverse, a triplé son chiffre d’affaires avec un premier profit coté, et une fusion avec Tesla est évoquée. Amazon (-0,80%) affirme que sa capacité cloud est vendue jusqu’en 2027.
Le portefeuille Asie-Pacifique a perdu -3,82% sur la semaine, contre -3,34% pour le MSCI AC Asia Pacific GDP Weighted. Westpac Banking (+4,67%), Hansoh Pharmaceutical (+3,97%) et ASICS (+2,36%) ont résisté.
Fed, BCE et BoJ au pied du mur
La semaine a commencé lundi par l’indice Ifo allemand (90 attendu, 89,9 avant). Aujourd’hui, les commandes de biens durables américaines sont attendues à +0,6%, et Israël vote le 27 octobre, avec Gadi Eisenkot face à Benjamin Netanyahu.
Mercredi 28, la Fed rend sa décision à 19h00, avec un taux attendu à 4%, suivie d’une conférence de presse à 19h30. Les économistes visent un statu quo, la hausse étant attendue en décembre, et le marché cherchera des indices sur l’effet du pétrole. Jeudi 29, la BCE devrait garder 2,65%, avec un taux de dépôt à 2,5%. Le même jour, le PIB américain avancé est attendu à 3,2% contre 2,2%, avec un PCE à 0,3%. Vendredi 30, la BoJ devrait maintenir 1,25%, une hausse n’étant pas exclue en décembre. Les PIB flash de la zone euro tombent le même jour, ainsi que l’inflation française (3,2% attendus) et allemande (3,3%).
Côté entreprises, mardi, Teradyne, ASM International, Universal Health Services et Sandfire publient, UCB tient sa réunion spéciale, et Visa, Coca-Cola, HSBC et Novartis dévoilent leurs comptes. Mercredi, American Electric Power, Amphenol, Sandoz, DWS et NEC, mais aussi Alphabet, Microsoft, SK hynix, Airbus et Santander. Jeudi, Amazon, Eli Lilly, BBVA, ResMed, Prysmian, Indra et Renault, puis Samsung, Intel, Shell et TotalEnergies. Vendredi, MediaTek, Nordex et TOTO, avec ExxonMobil, Chevron et AstraZeneca. Parker-Hannifin tient son assemblée mercredi, et SGX détache deux dividendes vendredi.
Une rencontre entre négociateurs ukrainiens, russes et américains est annoncée début novembre à Abou Dhabi. Dernier repère: le rendement du Trésor américain à 10 ans reste juste sous 5%, et c’est à ce seuil que les résultats des géants de l’IA seront jugés.