La Fed a été encore plus prudente que prévu lors de sa dernière réunion.

Par Paul O’Connor, Responsable Multi-Asset chez Janus Henderson Investors

 

Le commentaire du président Powell selon lequel “nous ne pensons même pas à augmenter les taux” a renforcé le message selon lequel les taux resteront probablement proches de zéro au moins jusqu’à la fin de 2022. Le président s’est montré réticent à entrer dans une discussion sur les autres outils dont dispose la Fed et à aborder des questions spécifiques telles que le contrôle de la courbe des taux d’intérêt, mais a plutôt laissé un message très clair selon lequel la banque centrale “fera tout ce que nous pouvons pour le temps qu’il faudra”.

L’impact sur les marchés des obligations et des devises a été assez prudent, car les attentes en matière de taux d’intérêt sur la courbe ont baissé et le dollar américain a poursuivi sa récente tendance à la baisse. Les actions, en revanche, ont réagi de manière plus sceptique à la Fed. Les quatre cinquièmes des actions du S&P 500 ont dérivé en territoire négatif lors de la réunion de la Réserve fédérale, après une période de faiblesse des marchés asiatiques et européens.

La vente des actions a eu lieu malgré la Fed, et non à cause de la Fed. Le sentiment du marché s’est envolé à la suite du récent rallye boursier et l’activité spéculative est à son plus haut niveau depuis des années. Cette semaine a commencé par une série d’indicateurs tactiques qui avertissaient surchauffe du sentiment des marchés boursiers et ont montré que les investisseurs en actions s’engagent sur un terrain plus en plus glissant.

La forte hausse des actions cycliques ces dernières semaines suggère que des scénarios plus constructifs concernant les perspectives économiques sont également pris en compte dans les actions mondiales. Bien que cela reflète dans une certaine mesure un changement optimiste dans les opinions de consensus sur le coronavirus, les avis restent partagés et pourraient changer aussi rapidement et aussi fortement dans un sens ou dans l’autre. Les données sur COVID-19 se sont améliorées ces derniers mois, mais nous restons sceptiques quant au fait que les taux d’infection augmentent dans de nombreux États américains.

Le sentiment des investisseurs concernant le coronavirus semble déterminer le prochain grand mouvement sur les marchés et dès lors si la chute observée hier indique le début d’un recul important.